linux:advanced:systemd:create_unit

Créer son service systemd

Depuis quelques années, systemd s'est imposé comme étant l'init de beaucoup de distributions, gérant ainsi les démarrages systemd est voué à remplacer de nombreux composants systèmes historiques tels que cron, network…

systemd a été implémenté de différentes manières selon les OS (et rarement de la bonne manière) et les mainteneurs de paquets n'ont toujours les bonnes pratiques. Officiellement, voici les bonnes pratiques à faire quand on parle d'unit systemd. Une unit est un service en jargon systemd.

  • /usr/lib/systemd/system/ : Units installées par les paquets
  • /etc/systemd/system/ : Units créés par l'administrateur système.

Malheureusement, quelques units de packages se trouvent encore dans /etc/systemd/system. Historiquement, les scripts de démarrages se trouvaient dans /etc/init.d.

Concrètement, voici un exemple type d'unit :

[Unit]
Description=Prometheus
Documentation=https://prometheus.io/docs/guides/
After=network-online.target

[Service]
Type=simple
User=prometheus
WorkingDirectory=/etc/prometheus
EnvironmentFile=/etc/default/prometheus
ExecStart=/usr/bin/prometheus --storage.tsdb.path=/var/lib/prometheus
Restart=always

[Install]
WantedBy=multi-user.target

Il s'agit d'une unit extrêmement simple.

Nous pouvons constater 3 blocs principaux : Unit, Service et Install. Il s'agit simplement de mots clefs afin de rendre plus lisible un unit.

Tout d'abord, dans la partie Unit nous pouvons voir la directive Description. Comme son nom l'indique, il s'agit simplement d'une description lorsque nous souhaitons obtenir le status d'un service. La directive Documentation nous sert juste à apporter une documentation (comme son nom l'indique). After est une directive importante, celle-ci indique que nous devrons lancer notre unit après celle indiquée, ici, network-online (logique étant donner que notre logiciel écoutera sur un port).

Par la suite, nous avons la partie qui nous concerne réellement, Service.

Dans cette partie, nous commencons par la directive Type=Simple. Il existe de nombreux types, celui-ci nous indique simplement que notre processus va démarrer immédiatement :

  • Simple : Il s'agit du type par défaut. C'est un service démarrant immédiatement qui ne doit pas fork. Il ne faut pas utiliser ce type de service s'il dépend d'autres services
  • idle : Le service est identique au type Simple. Cependant, il n'est pas prioritaire et sera lancé après tous les autres au démarrage du système.
  • Forking : Considère le service comme lancé une fois que le processus père à exit après démarrage complet de son fork. Il est utile d'y combiner l'option PIDFile afin que systemd garde une trace du processus père
  • Oneshot : Encore une fois, il s'agit du même comportement que le service simple. Il est par exemple très utile dans l'exécution d'un script qui font un seul job et se terminent.

D'autres services sont également disponibles mais sont très peu utilisés. Je vous renvoie vers la section Type de la page man de systemd afin d'obtenir toutes les explications.

L'User avec lequel sera exécuté sera prometheus. (La directive Group est également disponible).

La directive WorkingDirectory est assez importante. Toutes les directives des fichiers de configuration faisant référence à des chemins relatifs seront donc basés par rapport à celui-ci. Exemple, si dans mon fichier de configuration je précise un chemin relatif vers fichier.json par exemple, alors le fichier comprit par le logiciel sera /etc/prometheus/fichier.json.

EnvironmentFile est un autre fichier également important. Il sera utilisé pour charger des variables d'environnement au fichier. Il existe une autre alternative qui consiste à utiliser la directive Environment afin de charger directement la variable d'environnement. Par exemple Environment=FOO=bar va charger la variable FOO contenant la valeur bar.

Enfin, la directive la plus importante est l'ExecStart qui indique tout simplement la commande à charger. Dans notre exemple, nous lançons juste prometheus en lui indiquant où stocker ses données. Enfin, nous lui indiquons de toujours relancer le service. La même directive existe pour ExecStop. Si aucun ExecStop n'est spécifié, le comportement par défaut de systemd est d'envoyer un SIGTERM (15) sur tous les processus lancés par ce service, après un timeout, un SIGKILL (9) est envoyé.

De plus, il est posssible de préciser des commandes pre-start ou post-start (ainsi que pour stop) grâces aux directives ExecStartPre et ExecStartPost

Dernier block de notre unit systemd et pas le moins important, Install. La directive WantedBy=multi-user.target permet de spécifier dans quelle target doit être actif 2,3,4 et 5. Concrêtement, nous allons toujours utiliser cette target.

Un service template est appelé ainsi car il s'agit d'un service pouvant être utilisé :

$ cat /etc/systemd/system/openvpn@.service 

[Unit]
Description=OpenVPN service for %I
After=syslog.target network-online.target
Wants=network-online.target
Documentation=man:openvpn(8)
Documentation=https://community.openvpn.net/openvpn/wiki/Openvpn24ManPage
Documentation=https://community.openvpn.net/openvpn/wiki/HOWTO

[Service]
Type=notify
PrivateTmp=true
WorkingDirectory=/etc/openvpn/client/%i/
ExecStart=/usr/sbin/openvpn --status %t/openvpn-server/status-%i.log --status-version 2 --suppress-timestamps --cipher AES-256-GCM --ncp-ciphers AES-256-GCM:AES-128-GCM:AES-256-CBC:AES-128-CBC:BF-CBC --config /etc/openvpn/client/%i/%i.conf
	=CAP_IPC_LOCK CAP_NET_ADMIN CAP_NET_BIND_SERVICE CAP_NET_RAW CAP_SETGID CAP_SETUID CAP_SYS_CHROOT CAP_DAC_OVERRIDE
LimitNPROC=10
DeviceAllow=/dev/null rw
DeviceAllow=/dev/net/tun rw
ProtectSystem=true
ProtectHome=true
KillMode=process
RestartSec=5s
Restart=on-failure

[Install]
WantedBy=multi-user.target

Comme nous pouvons déjà l'observer dans le nom de l'unit, celle-ci contient un @. Celui-ci signifie qu'il s'agit d'un template.

L'exemple est un peu plus compliqué que le précédent. La directive PrivateTmp nous permet de nous assurer qu'aucun fichier ne soit écrit dans le /tmp (accessible par tout le monde). Ici, WorkingDirectory contient ici un %i indiquant une variable systemd. Ici, le %i signifie que nous prenons tous les caractères tapés après l'@ lors du start du service. Par exemple systemctl start openvpn@toto.service, notre variable %i contiendra toto.

%t contenu dans la directive ExecStart est le répertoire d'exécution. Il existe une tonne de variables de ce genre, une liste complète est disponible sur la documentation du projet.

La directive CapabilityBoundingSet nous permet de définir à quelles capabilities aura accès le binaire, seules les capabilities listées dans la liste seront autorisées et aucune autre. LimitNPROC nous définit le nombre de processus pouvant être lancés par le service. DeviceAllow nous permet d'accéder à un device spécifique en lecture et écriture.

ProtectSystem est une directive très utile. Ici, mise à true, les répertoires /usr et /boot seront accessible en lecture uniquement pour le processus invoquée par notre unit. Si cette directive est définie à full, le répertoire /etc sera également en read-only. Enfin, définie à strict, tout le système est en read-only sauf /dev, /proc et /sys.

De même, ProtectHome, définie à true, nous permettra de rendre les répertoires /home, /root et /run/user vides pour le processus.

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  • Dernière modification: 2020/04/16 14:21
  • par root